Le circuit des Remparts est né en 1939, soit aujourd’hui, 73 ans d’authenticité préservée en plusieurs époques distinctes.

Le Grand Circuit de Vitesse Automobile des Remparts de 1939 à 1955

1938 Sous l’impulsion de la section Charente de l’ACDSVC (Automobile Club Deux Sèvres Vendée Charente) et plus particulièrement de son président le Dr Pierre Roy naît le projet d’emmener des voitures de courses au cœur de la cité des Valois dès l’année suivante.

1939 Monsieur GUILLON, maire de la ville d’Angoulême, son Conseil Municipal ainsi que les autorités préfectorales valident donc le Grand Circuit de Vitesse Automobile des Remparts le 02 Juillet 1939. Immédiatement, tous l’appelèrent le Circuit des Remparts d’Angoulême, sobriquet toujours d’actualité du reste. Le « tourniquet » selon les pilotes mesurent 1279m comporte deux courtes lignes droites, trois virages à angle droit, une grande courbe rapide et trois épingles à cheveux.

Angouleme Circuit des Remparts map

Il a la particularité d’être resté parfaitement inchangé depuis cette date, et il représente donc l’un des derniers circuits automobile en ville avec Monaco et Pau.

2 juillet 1939 

Angouleme 1939 - affiche officielle Circuit des Remparts

19 engagés au départ du tout premier Circuit des Remparts d’Angoulême, parmi ce que la compétition automobile comptait de plus prestigieux en termes de pilotes : Maurice Trintignant, Jean-Pierre Wimille, René Bonnet,  ou encore Raymond Sommer qui remporta la course  et signa au passage le meilleur temps en 1mn 10s sur son Alfa Roméo 308 portant le N°2. L’épreuve comporte deux éliminatoires de 40 tours (soit 51,160km chacun) et une finale de 70 tours de 89,530km.

Les voitures alors présentes représentent ce qui se fait de mieux en 1939 : Bugatti 59 pour Jean-Pierre Wimille, et une escouade de 35, 37 et 51. Des Delahaye 135, une Maserati 4CL et 6CL, l’Amilcar MCO des Records, une Salmson GP, une MG K3 et l’Amilcar C6 surbaissée du local de l’étape, le Charentais « Toto » Guyard, surnommé le « Wimille des Charentes ».

Compte tenu du contexte historique de la déclaration de la Seconde Guerre mondiale deux mois après la première édition du Circuit des Remparts, les épreuves seront suspendues pendant huit ans. Nous nous projetons donc les 13-14 et 15 Juin 1947 pour la deuxième édition de la course Angoumoisine.

13-14 et 15 Juin 1947 

Le paysage automobile a changé…. Le monde a changé ! Au-delà de la compétition automobile, le Circuit des Remparts d’Angoulême est aussi le théâtre de compétition automobile et également d’une course de vélo dite «  à l’américaine » qui est une compétition de cyclisme se disputant avec des sprints intermédiaires et courues par des équipes de deux coureurs.

L’épreuve est plus longue qu’en 1939 puisqu’elle comprend deux éliminatoires de 55 tours (70,345km chacun) et une finale de 80 tours (102,320km).

Principale évolution depuis 1939, les cylindrées des voitures de courses devront être limitées à 2l à Angoulême. Exit donc les moteurs cubant à 3.6l pour les Delahaye 135 ou encore 4.9l pour la Bugatti 59 de Jean-Pierre Wimille. Place aux petites cylindrées affutées : Simca, Salmson, Amilcar, Cisitalia, Frazer-Nash. Comptant sept voitures sur la ligne de départ en 1939, nous n’en retrouverons aucune en 1947 ! La 59 a représenté la chant du cygne de la marque avant guerre ne lui permettant plus de pouvoir soutenir la comparaison avec les « nouvelles marques ».

Autre spécificité de cette année 1947,  la ligne de départ compte deux voire trois constructeurs au volant de leur machine : Amédée Gordini, le « sorcier » qui pilote sa Simca Gordini, René Bonnet présente quant à lui la dernière évolution de sa DB (pour Deutsch-Bonnet) dont le groupe motopropulseur est issu de la célèbre Citroën Traction Avant. La grande époque des « Constructeurs sans patente » ! Le troisième, Eugène Martin, mécanicien parisien de renom amène sa Frazer-Nash BMW à la victoire. Il en a construit lui-même la carrosserie, et est parvenu à tirer la quintessence du moteur BMW. La bataille a été rude, puisque ce sont Raymond Sommer et un « petit nouveau » Robert Manzon, tous deux sur Cisitalia qui signent le meilleur temps au tour ex æquo en 1mn 7s et 9/10.

11 Juillet 1948 

Angoulême - affiche officielle 1948 par Geo Ham

Troisième édition réservée aux cylindrées de moins de deux litres ou comptant un litre avec compresseur. Le nombre de tours des éliminatoires reste identique à 1947. 19 concurrents sur la ligne de départ. Les références du moment se nomment Simca-Gordini et Cisitalia. Les constructions artisanales sont encore plus nombreuses telles que les Jicey, Monnier, Veritas, Simca Roux ou encore René Berté.

Le tracé très spécifique du Circuit Charentais avec ses virages serrés, ses épingles, et son dénivelé sur une courte distance favorise les petites voitures maniables et légères au détriment des voitures plus puissantes mais souvent plus lourdes qui ont besoin de davantage d’espace pour pouvoir s’exprimer. Ceci est évidemment toujours aussi vrai aujourd’hui.

C’est Igor Troubetzkoy plus connu sous le nom de Prince Igor qui remportera l’épreuve sur une Simca-Gordini portant le N°20. Robert Manzon signe le meilleur tour pour la deuxième année consécutive en 1mn 4s 9/10 sur Simca Gordini également.

12 Juin 1949 

 

Angoulême - affiche officielle 1949 par Geo Ham

Première participation d’une marque aujourd’hui mythique : FERRARI avec deux 166 F2 ici équipées d’un V12 de 2l pour respecter les règles de limitation de cylindrées. Elles sont aux mains du britannique Duddley-Folland et de l’italien le Comte Bruno Sterzy. Elles ont débuté leur carrière au Grand Prix de Turin et leur victoire au Grand Prix de l’ACF (Automobile Club de France) sur le Circuit de Gueux à Reims a fait vibrer tous les passionnés de l’automobile sportive.

Cette année marque également la suprématie des marques étrangères après les années de règne des Bugatti, Delage, Delahaye, Salmson, Talbot et autres Amilcar. La gloire des marques Française est donc malheureusement révolue.

La tactique et la technique du grand Pétoulet (Maurice Trintignant) aura raison de la puissance de la Ferrari du Comte Sterzy, puisqu’il remporte l’épreuve sur sa Simca-Gordini en glanant le meilleur temps au tour en 1mn 3s.

Le 11 Juin 1950 

Juan-Manuel Fangio initialement prévu l’année précédente mènera d’une main de maitre sa Maserati 4CLT jusqu’à la victoire avec le meilleur tour en 1mn 3s 9/10. Un second argentin célèbre, José-Froilàn Gonzalez hissera sa Maserati A6GC F2 à la troisième marche du podium. C’est André Simon qui glissera sa Ferrari 2L à la seconde marche du podium.

Le Circuit des Remparts se diversifie accueillant un plateau de Formule 2, des Racers 500cm3 et des Side-Cars ! La Cooper équipée d’un moteur JAP de 500 cm3 pilotée par un habitué du tracé, Raymond Sommer, survolera le plateau devant les DB Panhard Monomill qui faisaient cette année-là leur première apparition.

Le 21 Avril 1950, Charles FAROUX, célébrissime journaliste éditorialiste sportif écrit un éloge dithyrambique du Circuit des Remparts d’Angoulême qui fera la Une du journal l’Equipe.

Le 10 Juin 1951 

Cette sixième édition pluvieuse se caractérise principalement par un retour à une grande diversité de marques automobiles et la poursuite de la participation des pilotes dont le nom est aujourd’hui lié à l’épreuve Charentaise, tels que Bonnet, Fisher, Manzon, Prince Igor ou encore l’incontournable Trintignant. On assiste à la première participation angoumoisine d’une nouvelle marque, HWM pour Hersham and Walton Motors, emmenée par Lance Macklin qui terminera à la seconde place. C’est Rudolf Fisher qui remportera l’édition sur sa Ferrari 212. La surprise viendra de Michel Aunaud sur une très véloce DB Panhard qui ravira la troisième place à des voitures bien plus puissantes.

L’évolution des règlements et la nouvelle organisation de la Formule 1 donne un coup d’arrêt au Circuit des Remparts d’Angoulême. De fait, les années 1952 et 53 verront uniquement le passage d’un Rallye de voiture de tourisme, et en 1955, pas de manifestation du tout.

Le 5 Juin 1955 

Le résultat historique de Michel Aunaud quatre ans plus tôt a apporté la preuve qu’une voiture de petite cylindrée pouvoir tenir tête aux grosses F2. C’est donc pourquoi seront proposées au public deux épreuves, l’une réservée aux barquettes motorisées par Panhard, Renault ou BMW, le Critérium des Remparts, et la seconde réservées aux Monomills Panhard. La boucle est donc bouclée, puisque cette année, en 2012, nous vous proposons un plateau Monomill. C’est Yvon Carlus qui remporte le Critérium des Remparts au terme de deux éliminatoires de 20 tours (25,580km) et d’une finale de 40 tours (51,160km) avec sa Panhard Dyna Spéciale N°30.

La course Monomill est composée de deux éliminatoires de 30 tours (38,370km) et une finale de 70 tours (89,530km). Louis Cornet remportera la première et Pierre Chennevoy la seconde. Ce sera finalement Pierre Savary qui mettra tout le monde d’accord en gagnant la finale.

1955 marque également une évolution majeure dans le monde de l’automobile. En effet, le sport automobile se passe dorénavant sur des circuits permanents, spécialement aménagés à cet effet. Les nouveaux circuits en ville ne sont plus autorisés et les anciens, comme Angoulême sont soumis à une sévère réglementation qui va, petit à petit les faire tous disparaître (Albi,  Reims, Rouen…). Le drame qui surviendra six jours plus tard au Mans, le 11 juin 1955 provoquera l’arrêt immédiat de tous les Circuits urbains.

Il faudra attendre plusieurs années pour que le Circuit des Remparts reprenne vie dans la ville.

A suivre…

L’histoire du Circuit des Remparts par Octane

Octane a récemment publié un superbe article sur l’histoire du Circuit des Remparts,
signé Douglas Hallawell. Article reproduit avec l’aimable autorisation de Chris Bietzk, Managing Editor Octane.